mercredi 13 novembre 2019

Vu " Sorry we missed you" le dernier film de Ken Loach plusieurs fois primé au festival de Cannes.


Un impitoyable réquisitoire contre la précarité, filmé avec une grande simplicité et un sens de la réalité sociale, de la vérité qui sont émouvants et ne laissent pas indemnes.
L'histoire d'une famille de Newcastle, le père, la mère , un garçon et une fille adolescents. Famille pauvre mais courageuse : le père et la mère travaillent mais dans des boulots précaires, sans contrat de travail, à la tâche . Elle est aide à domicile pour personnes âgées ou malades. Payée à la tâche, elle enchaîne des journées éreintantes avec un calme, un sourire, une douceur impressionnants. Lui, après différents petits boulots sans avenir, décide de vendre tout ce qu'ils ont, une voiture, celle qui sert à sa femme pour travailler, pour investir dans une camionnette et s'engager dans une entreprise de livraison à domicile où, là aussi, il est payé à la tâche et sur un rythme infernal ( Le titre du film vient de là : " Sorrry we missed you" est l'autocollant que le livreur laisse sur la porte du domicile où le destinataire du colis est absent...) . Leurs journées de travail sont si longues qu'ils ne se voient presque plus. Ils se croisent. N'ont plus le temps de s'occuper des enfants. Une série d'incidents va faire dérayer la mécanique qui devait leur permette de s'en sortir, à commencer par les premiers dérapages de leur fils qui est de plus en plus souvent absent du lycée...de vives tensions apparaissent dans la famille, l'engrenage infernal s'installe.
C'est un très beau film sur la réalité sociale liée à la précarité de l'emploi, un film grave, émouvant.
Du Ken Loach en quelque sorte.

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