lundi 16 septembre 2019

Ci-dessous le lien avec une tribune que je publie sur le site de « L’Aurore » ,

 le think-tank politique que j’ai l’honneur et le plaisir de présider et que je consacre à la situation du logement social dans notre pays, un sujet qui me passionne depuis longtemps et qui continue à me mobiliser. 

jeudi 12 septembre 2019


J'ai déjà tellement dit ce que je pense de Tariq Ramadan que j'ai scrupule à y revenir. Mais la répétition est parfois la base d'une bonne pédagogie....
En 2008, quand l'Assemblée nationale avait constitué une commission pour juger de l'opportunité de légiférer sur l'interdiction du port de voiles intégraux dissimulant les visages dans l'espace public, je m'étais opposé à son audition par ladite commission, considérant que notre Assemblée allait lui donner, en lui offrant une tribune inespérée, un label de respectabilité qu'il ne méritait pas. Je n'avais pas obtenu gain de cause, battu par une alliance Droite-Gauche dont on devine les fondements politiciens...
Du coup, lors de son audition, je lui avais expliqué pourquoi je m'étais en vain opposé à son audition et je lui avais dit clairement et fermement ce que je pensais de lui, de ses falsifications, de ses usurpations, de ses manipulations....notre échange avait été vif, très vif, suivi d'une campagne sur les réseaux " asociaux" d'une violence extrême, où les menaces, y compris de mort, avaient fleuri à mon égard.
Aujourd'hui, autant dire que tout ce que j'ai appris de lui depuis ne m'a pas fait changer d'un iota dans mon jugement.
Il publie un livre pour se défendre des accusations qui sont portées contre lui par plusieurs femmes, notamment musulmanes. C'est bien son droit et il n'est pas inutile de lui rappeler combien dans un État de droit comme le nôtre , la Justice protège les droits de la  défense et la liberté d’expression  ce qui n'est pas vraiment le cas dans les pays administrés par ses amis les “frères”....
Dans ce livre , il évoque le complot raciste, islamophobe dont il serait victime . Franchement, pouvait-on attendre autre chose de sa part ?? Il faut bien comprendre que le prédicateur en question ne s'adresse pas à l'opinion en général ni à la Justice en particulier, il s'adresse à ses fidèles, ceux qui croient encore en lui, - même s'ils sont de moins en moins nombreux- pour préserver un minimum d’audience auprès d’eux  . Et comment faire si ce n'est en se faisant passer pour une victime ? La victimisation est une grosse ficelle vieille comme le monde... Procès politique ? Ramadan et Balkany ( ou bien d'autres ) même combat ? Dérisoire non ? 
Reste le clou du spectacle : dans cette entreprise de victimisation, il se compare au capitaine Dreyfus qui, en son temps a été victime d’un complot d’ État de caractère raciste. C’est là où l’odieux rejoint le dérisoire : non seulement parce que l’Etat français n’est en rien concerné par ses démêlés avec la Justice qui sont la suite de plaintes de femmes à titre privé, non seulement encore l’Etat et la Justice ont prouvé leur capacité à protéger ses droits et sa liberté d’expression , mais surtout comparer l’antisémitisme systémique exprimé  du temps de Dreyfus avec le racisme - qui existe, ne le nions pas- latent dans la société française contemporaine , n’est pas seulement un abus de langage, une perversion de la pensée . C’est une forme de négationnisme, de réécriture de l’histoire . 
Mais je le répète, d’un usurpateur, manipulateur et falsificateur , il faut s’attendre à tout . Ces gens-là, ça ose tout...
Raison de plus pour rester vigilant et ne pas baisser la garde.

dimanche 8 septembre 2019

Lu " Les mémoires d'Hadrien" de Marguerite Yourcenar dans la collection Folio de Gallimard.


Je n'avais pas encore lu ce monument de la littérature du XXème siècle
(Marguerite Yourcenar l'a écrit dans la fin des années 20) et suis heureux d'avoir comblé cette lacune. L'exercice littéraire est original : une autobiographie sur le mode du "Je" , romancée et non pas ouvrage d'histoire au sens scientifique du terme, mais évidemment pétrie d'histoire pour la crédibilité de l'exercice, consacrée à Hadrien, empereur romain du premier siècle.
La construction de l'ouvrage est très progressive : lente et descriptive au début, tant que le sujet n'est pas encore empereur, elle monte en puissance avec son avènement, puis encore avec la mort de son jeune amant et, enfin, à l'approche de sa propre mort. Tout est sagesse, équilibre, modération chez cet empereur amoureux des arts et des lettres, qui passe beaucoup de temps hors de Rome .(Il faut dire que l'empire romain, en ces temps-là, recouvrait toute l'Europe ou presque, et débordait sur le Nord de l'Afrique et l'Ouest de l'Asie...). Le roman ainsi construit, sérieux et crédible offre alors une très belle vision de la vie à cette époque et des grandes questions du moment. J'en retiendrai deux qui m'ont amusé au sens intellectuel et même politique du terme :
- l'apparition de la chrétienté : une secte comme beaucoup d'autres à l'époque dont le prophète, Jésus, intrigue notre empereur qui fait enquêter sur lui. Une secte généreuse dans ses principes mais qui porte en elle les mêmes risques que toutes les sectes..." la féroce intransigeance du sectaire".
- la difficulté à gérer Jérusalem et à faire s'entendre juifs et perses...... Israël "qui se refuse depuis des siècles à n'être qu'un peuple parmi les peuples, un dieu parmi les dieux"..."Je n'en tenais, dit l'empereur, que davantage à faire de Jérusalem une ville comme les autres, où plusieurs races ( ce mot, aujourd'hui, n'aurait plus sa place ici...) et plusieurs cultes pourraient exister en Paix ; j'oubliais trop que dans tout combat entre le fanatisme et le sens commun, ce dernier a rarement le dessus".
Brûlante actualité...
Un joli exercice de littérature.

mercredi 28 août 2019

Lu "Le bateau qui ne voulait pas flotter" de Farley Mowat,


traduit de l'anglais par François Ponthier, et paru chez Gallimard dans la collection Folio.
L'histoire d'une goélette que son propriétaire considère comme une personne, à qui il parle et se confie. Jusque-là, rien que du très classique, la personnalisation des bateaux fait partie intégrante de la littérature maritime. Sauf que ladite goélette, pour manifester sa mauvaise humeur, se met à prendre l'eau et à commencer de couler à chaque fois que son skipper la contrarie ! En particulier quand il veut l'emmener dans une direction qui ne lui convient pas. Et comme l'histoire se passe ente Terre-Neuve, Saint-Pierre et Miquelon et le golfe du Saint-Laurent, c'est-à-dire dans des eaux où la navigation n'est pas particulièrement facile et douce, cela donne des situations d'un grand cocasse.
C'est sans doute un peu répétitif, mais l'humour de l'auteur rend le récit assez amusant.

samedi 24 août 2019

Lu "Les victorieuses" de Laetitia Colombani, paru chez Grasset.


L'auteure est une femme de culture éclectique et intéressante : romancière - son précédent roman "La tresse" avait eu un succès considérable- , elle est aussi comédienne et cinéaste.
Son nouveau roman raconte l'histoire trop méconnue d'un établissement parisien consacré à l'accueil des femmes exclues de la société, mères célibataires souvent, SDF, femmes battues, immigrées avec ou sans papiers. Cet établissement gigantesque, "le Palais de la femme", qui accueille près de 400 personnes a été créé à la fin des années 20, bientôt un siècle, par l'armée du salut.
Pour raconter le "Palais de la femme", Laetitia Colombani raconte en parallèle l'histoire du couple Peyron, gens de dévouement et de générosité exemplaires, et leur combat pour la création de ce foyer et celle, contemporaine, d'une jeune avocate qui, après un "burn out " violent, répond à une annonce pour le recrutement d'un écrivain public dans le foyer.
C'est un beau plaidoyer féministe, bien écrit et facile à lire, qui permet de découvrir un établissement incroyable et socialement si précieux.

mercredi 21 août 2019

Lu " Le schmock" de Franz-Olivier Giesbert paru chez Gallimard.


On connaît Giesbert le journaliste, éditorialiste de talent, un homme qui porte assez haut la profession et ses valeurs, au " Point " notamment, depuis quelques années.
J'apprécie cet homme de conviction, et même si je ne suis pas toujours d'accord avec lui, je respecte sa pensée et ses écrits. J'aime aussi son humour et une forme de modestie qui l'honore. Il dit de ce livre que "ce n'est qu'un roman", manière de dire qu'il ne faut pas y voir un essai historique sur la montée du nazisme en Allemagne dans l'entre-deux guerres et son corollaire, celle de l'antisémitisme. Et pourtant....et pourtant ce roman qui n'est qu'un roman est aussi bardé de références historiques qui, mises bout-à-bout, lui donne une vraie crédibilité historique. Si j'ose dire, on en oublie presque l'histoire épouvantablement tragique des personnages de l'histoire pour n'en retenir que le contexte. Un contexte qui met en scène Hitler bien sûr - c'est lui " le schmock" , ce qui en yiddish signifie à la fois "penis, con et salaud"-, Himmler, Goering et tant d'autres, parfois même dans leur intimité ce qui ouvre la porte à des traits d'humour surprenants.
La quête de Giesbert est assez simple : il voulait comprendre comment, concrètement, tant d'allemands, éduqués, cultivés, respectables avaient pu à ce point sous-estimer la montée du nazisme, pourquoi tant de juifs allemands avaient tant tardé à fuir. Et bien la démonstration par le récit romance est très réussi.
Voilà un sacré livre qu'il faut lire absolument.

mardi 13 août 2019

Lu " Transparence" de Marc Dugain paru chez Gallimard.


Un roman qu'on pourrait qualifier de science-fiction puisqu'il se passe en 2060.
Une française qui vit en Islande avec un vulcanologue du pays dont elle a eu un fils disparu à son adolescence, a créé une start-up ambitieuse en diable qui aboutit à un résultat spectaculaire : d'une part, à force de collecter des données personnelles sur tous les humains qui ne se protègent pas, elle en arrive à détrôner Google qu'elle va finir par absorber et, d'autre part, à force de travailler ces données, elle parvient à "reconstituer la vie", donc à accorder l'éternité aux êtres qui le souhaitent, et ainsi à pérenniser l'espèce humaine menacée par le désastre écologique et l'effondrement de la fertilité....l'entreprise pourrait paraître totalitaire et machiavélique si elle n'était accompagnée de considérations morales draconiennes : pour atteindre l'éternité , les candidats doivent obtenir l'aval d'un jury qui ne valide que les dossiers de ceux qui le méritent au regard d'un modèle écologique mais aussi de citoyenneté et de responsabilité : en gros, ne survivront que les gentils et les bons ! Et voilà notre française, devenue la personne à la fois la plus puissante et la plus riche du monde, courtisée par les plus grands de la terre, du pape à la Présidente américaine (en 2060 ce sera une femme) en passant par le Président français et tant d'autres. Ce délire prendra fin par la coalition de l'ex-mari de l'intéressée, prédisant la fin du monde par éruption gigantesque et du chef du renseignement américain inquiet de la puissance émergente de la dame : ils lui proposeront un voyage dans l'univers avec ses données et ses collaborateurs afin que, le moment venu, entendez " à la fin du monde", elle puisse reconstituer la vie ailleurs...
Derrière un exercice de fiction assurément audacieux et plutôt bien écrit, ainsi qu'une tentative de prospective sur les dangers du règne de la cyber société , on nage dans le déconnant le plus ahurissant . On va au bout par curiosité sans jamais y croire véritablement.
Drôle d'exercice littéraire...