lundi 22 octobre 2018

Vu " les frères Sisters" , le dernier film de Jacques Audiard.

Un western, figurez-vous, ce qui relève de l'extrême rareté dans le cinéma français. Même si, compte tenu des lieux de tournage, des acteurs engagés  et des financiers mobilisés, on doit peut-être et plutôt parler de cinéma france-américain. Mais enfin, soyons fiers du créateur, Jacques Audiard, qui est un très grand cinéaste, capable de faire des films aussi différents que "Le prophète" et ce film. 

Ce western se passe dans l'Ouest américain au milieu du 19ème siècle, au temps de la "ruée vers l'or". Les frères Sisters, magnifiquement joués par Joachim Phœnix et John C.Reilly, sont deux tueurs à gage embauchés par un commodore pour poursuivre  un chercheur d'or qui disposerait d'une mystérieuse formule chimique pour découvrir l’or dans les rivières. Mais ce ne sont pas des tueurs à gage comme les autres, j'allais dire comme Clint Eastwood dans les films de Sergio Leone, secret et taiseux au possible. Non, ceux-là sont bavards et expansifs. Entre eux d'abord, pour dévoiler une relation fraternelle violente et tendre, bâtie sur l'hérédité d'un père alcoolique et brutal. Avec les autres ensuite, le cadet se livrant à chaque étape, dans chaque bar, à toutes les débauches possibles sous la protection à la fois bienveillante et sévère de son aîné.
Ils finiront par retrouver un autre binôme constitué du fameux chercheur d'or et d'un détective privé austère, idéaliste et non violent,  lancé en éclaireur par le commodore. Ces quatre-là vont se renifler tant ils sont différents, et finalement s'entendre. S'entendre pour mettre en œuvre la méthode chimique miracle : elle marche mais c'est un désastre écologique, avant qu'un "pétage  de plomb " du cadet Sisters n'en fasse aussi un désastre humain : deux morts...et le cadet grièvement blessé devra être amputé d'un bras ( scène insoutenable) . 

C'est peut-être là que ce beau film, si bien tourné autour d'images superbes, et si bien joué dans une étude psychologique intéressante, pêche un peu. Par ce que j'appellerai ses "clichés" . Celui du désastre écologique : tout est permis en Amérique mais on sait où tout cela mène et ça n'est pas récent. Soit. 
Comme celui de la fin et du retour au bercail : face aux  aventures les plus violentes, rien ne vaut un bon retour aux racines familiales. Soit encore.

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