jeudi 2 décembre 2021

3 films vus lors de ma « cure d’automne »:

-« Aline » réalisé et joué par Valérie Lemercier. Ce n’est pas un « biopic » de la vie de
Céline Dion mais une fiction inspirée par la vie de Céline Dion; L’équipe du film tient à le préciser, y compris pour répondre aux critiques malvenues de certains amateurs intégristes - notamment familiaux- de la chanteuse canadienne. La vie de celle-ci, outre son succès mondial extraordinaire, n’a rien de subjuguant. Mais il y a la performance - et le mot est bien faible- de Valérie Lemercier, et ça c’est autre chose…

 


- « Amants » de Nicole Garcia, avec Pierre Niney, Stacy Martin et Benoît Magimel. Un bon film sans être un chef d’œuvre, très bien joué sans être bouleversant, qui raconte une histoire d’amour qui commence mal, dans les petits trafics de drogue et une mort par overdose, se poursuit par une rupture pour éloignement imposé, puis par des retrouvailles hasardeuses dans l’océan indien…et se termine mal aux bords du lac de Genève. Il y a «l’ambiance Nicole Garcia » pour tirer le film vers le haut.

 

 

-« BAC Nord » de Cédric Jimenez avec Gilles Lellouche, François Civil, Karim Leklou


et Adèle Exarchopoulos. Ce film est « tiré » ( avec toute la prudence nécessaire) d’une histoire vraie survenue il y a quelques années dans les quartiers Nord de Marseille, la zone la plus criminogène de France, qui avait défrayé la chronique et vu « plonger » plusieurs policiers. Le scénario est assez simple: ces quartiers sont le terrain d’action, au quotidien, d’une équipe de trois hommes de la brigade anti-criminalité (BAC). Trois flics de base confrontés à une mission quasi-impossible quand la hiérarchie exige « du chiffre » ( entendez des statistiques de crimes et délits) à tout prix, mais « sans casser la baraque », y compris en ne s’affrontant pas aux caïds qui tiennent ces quartiers et qui sont armés jusqu’au cou. Et qui se sentent tellement intouchables qu’ils sont arrogants et provocateurs à l’égard de ces policiers, contraints « d’avaler leur salive » et baisser la tête. La police de terrain et ses dilemmes…et quand cette hiérarchie pétocharde est confrontée à un événement dramatique qui exige une riposte, quand elle se décide enfin à donner un coup de pied dans la fourmilière faute de renseignements issus d’une police de proximité digne de ce nom, elle doit utiliser des méthodes moins académiques et « payer en nature » des informateurs… l’opération -violente, haletante et magnifiquement filmée - a lieu et est une belle réussite: réseau démantelé, prise-record de drogue et d’argent de la drogue. Mais l’IGPN, la police des polices, informée des méthodes employées, enquête….et nos trois flics, héros du jour, deviennent des parias.

Ce film a fait l’objet d’une controverse selon laquelle le parti-pris caricatural aurait emprunté tous les poncifs pro-policiers et fait le jeu du Front National. Je ne suis pas d’accord du tout avec cette posture: ce film est magnifique, bluffant, bouleversant. Il est magnifiquement joué par la triplette de flics avec une mention particulière à Gilles Lellouche, pathétique. Et ce n’est pas faire le jeu du Front National que de décrire concrètement et spectaculairement ce qu’est la vie des flics de terrain dans ces quartiers . C’est l’état de ces quartiers, abandonnés par la République depuis des décennies qui fait le lit du Front National. Ne confondons pas les causes et les conséquences. Un très grand film.



 


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