mercredi 17 novembre 2021

Vu « Cry macho » le dernier film de Clint Eastwood,

   avec lui-même et d’autres acteurs qui n’ont pas une


importance majeure. L’histoire non plus d’ailleurs. Disons qu’en voyant la première séquence où l’on découvre un vieux pick-up roulant dans un décor rural du sud des USA sur une musique de folk des années 60 ou 70, je me suis dit : « c’est la suite de la route de Madison »!. Ça aurait été bien d’ailleurs…bon, pour information, « Cry macho », c’est le nom d’un coq de combat qui est l’animal de compagnie d’un adolescent vivant au Mexique avec sa mère et que le vieux Clint doit ramener à son père aux USA…avec quelques obstacles dont le passage n’atteint jamais une dramaturgie insupportable.

Le film est bourré mais vraiment bourré de bons sentiments. Et Clint est lui-même…vieilli. C’est un film qui n’est ni fatiguant ni enthousiasmant.

Vu « Les Olympiades », film de Jacques Audiard qui vient à peine de sortir,

     adaptation d’une série de bandes dessinées ( « Les intrus ») d’Adrian Tomine,
avec Lucie Zhang, Makita Samba, Noémie Merlant et Jehnny Beth. «Les Olympiades », c’est une cité du 13ème arrondissement de Paris, que certains appellent désormais « Chinatown » et le film est une chronique de la vie de quatre jeunes gens vivant là, d’origines et de cultures diverses, chronique de couples qui se forment et se déforment ( puis se reforme pour l’un), où les boulots des uns et des autres ( l’enseignement, l’immobilier, un centre d’appel, l’érotisme sur le net) se conjuguent avec les fêtes, l’alcool, la drogue, et les scènes d’amours ( nombreuses mais pas envahissantes du tout) dans une ambiance de grande liberté… une chronique qui respire la contemporanité à plein nez. Toute la jeunesse française n’est sans doute pas à cette image, mais elle est aussi cela. Autant le dire : c’est bourré de charme! Vraiment bourré de charme…C’est d’une sensibilité qui m’a réellement transporté : on a plaisir à « vivre » ce film du début à la fin. Évidemment, le talent d’Audiard avec ce cinéma de sensibilité fine accentué par le choix du noir et blanc qui « donne de la profondeur », est là, présent, confirmé. Les acteurs sont d’autant plus formidables de naturel qu’ils sont soit débutants soit amateurs: une palme particulière à la jeune Lucie Zhang, étudiante dans la vraie vie à l’Université de Paris-Dauphine, qui inonde le film de sa spontanéité et de son charme ( c’est amusant : j’ai vu depuis une interview d’elle où elle apparaît timide, réservée…) et à Makita Samba, le black perdu à Chinatown qui joue un prof de littérature au collège voisin et qui prépare l’agrégation dans la turbulence de ses amours, qui apparaît plus sympa qu’imaginable. Un vrai régal. Vrai de vrai

vendredi 12 novembre 2021

Lu « Génie de la France » d’Abdennour BIDAR .

Abdennour BIDAR est philosophe, musulman et laïque, plus laïque que musulman si
j’ose dire, auteur notamment, il y a quelques années d’un « Plaidoyer pour la fraternité» bien convaincant. Comme c’est un ami, ma subjectivité risque évidemment d’éloigner mon jugement de toute objectivité - ce qui ne me gênerait point !- et peut-être d’honnêteté - ce qui serait plus embêtant -.
Le « Génie de la France » dit Abdennour, tient pour une part essentielle à la laïcité qui serait la condition politique de la vie spirituelle la plus haute. Pourquoi ? Parce qu’en instituant la « séparation », celle des églises et de l’Etat, elle « fait le vide » le vide créé par la destruction à la fois mystique et métaphysique des idoles. Vieille théorie déjà abordée par Régis Debray. Bref la laïcité serait d’après l’auteur une valeur politique ET spirituelle.
Disons qu’il y a dans ce livre riche, profond, parfois très profond ( trop ? …) un volet qui m’enthousiasme, un autre qui m’intrigue et un troisième qui m’irrite.
Mon enthousiasme vient d’une approche de la laïcité qui vise au cœur de la problématique très actuelle de notre société : la laïcité est le compromis équilibré et républicain dans la gestion de deux contraires : la diversité et le commun. Car la France est diverse, très diverse, et c’est une richesse qu’il faut sauvegarder à tout prix par le respect fondamental des différences, en même temps qu’elle est une, par son histoire, par ses combats, par sa langue et sa culture et c’est une autre richesse sur laquelle il faut tout autant veiller. Conjuguer le divers et le commun, voilà l’ardente obligation de la République laïque, que l’auteur présente à merveille.
Et dans le débat politique actuel, faute de rappeler cette évidence, de l’enseigner, de la promouvoir, on a vu fleurir des « faux-laïcs » des deux côtés ( celui de la diversité et du commun) et surgir des débats biaisés entretenus par des chaînes d’info ou des réseaux asociaux qui, au mieux, n’y entendent rien et, au pire, jettent de l’huile sur le feu.
Faux-laïcs, les défenseurs acharnés de la diversité qui clament avec ardeur que la laïcité ne serait que liberté et oublient le commun, à commencer par le respect des lois de la République et, notamment du respect scrupuleux de l’égalité femmes-hommes.
Ceux-là que l’on trouve à l’extrême-gauche et, hélas, trop souvent dans ce qui fut la gauche, contribuant ainsi activement à son discrédit, oublient d’une façon surprenante ce qu’on apprend dans nos écoles (« ma liberté s’arrête là où commence celle des autres ») . Ils aiment l’article 2 de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen mais pas son article 29. Ils aiment les droits, pas les devoirs.
Mais faux-laïcs tout autant ceux qui ne parlent que d’unité, d’indivisibilité, et de leurs corollaires, rejet des différences et, donc, rejet de l’autre, des autres, des différences. Faux-laïcs qui n’ont pourtant que ce mot à la bouche pourtant, qui se trouvent à la droite-extrême et à l’extrême -droite et qui oublient le fondamental respect des différences.
J’aime donc cette défense de la laïcité comme conjugaison du divers et du commun car elle est la seule qui puisse être d’essence républicaine.
Mon intrigue face à ce livre tient sans doute à mon ignorance crasse à moins que ce ne soit à ma réticence à suivre une théorie trop sophistiquée de la spiritualité laïque. C’est amusant de constater qu’Abdennour évoque cet aspect des choses comme je l’avais fait moi-même il y a dix ou quinze ans dans un ouvrage ( « La laïcité, un combat pour la paix » paru chez Héloïse d’Ormesson) en évoquant explicitement la richesse potentielle d’une spiritualité laïque et, d’ailleurs ( autre convergence) en partant des écrits de Ferdinand Buisson. Simplement, et c’est là mon interrogation, j’étais parti du propos de Buisson autour de la morale et l’auteur part de propos plus «religieux ». C’est sans doute le fait qu’Abdennour est un croyant laïque tandis que je suis un laïque non-croyant….du coup, quand il approfondit sa réflexion sur le « vide » créé par la destruction des « idoles » ouvrant la porte à une spiritualité très riche, il a peut-être tendance à n’envisager qu’une spiritualité religieuse… le débat reste d’autant plus ouvert qu’il n’a pas à être tranché…
Mon irritation vient d’un autre point: au début du livre, l’auteur dénonçant à juste titre le racisme d’une droite et d’une extrême-droite reculant devant trop peu de scrupules pour user de l’amalgame ( islam égal islamisme) , en vient lui-même à envisager un autre amalgame: l’Islam serait victime de la République, en n’étant pas assez admis, accepté. Cela vient d’une manque de pédagogie sur les religions et leurs intégrismes : en gros, la République dit « les religions oui, au titre de la liberté de conscience, les intégrismes religieux non, au titre du respect des lois et règlements ». Cela veut dire , en particulier : l’Islam oui, l’islamisme non.
Simplement si l’auteur avait fait la pédagogie des intégrismes religieux, il aurait pu déconstruire son amalgame. Voyez : au moment où l’on découvre la confirmation de l’épouvantable vague de « pédocriminalité » ( je nous en prie, bannissons le mot « pédophilie » de notre langage, ces salauds n’aiment pas les enfants, ce sont des criminels) qui déshonore l’église catholique française depuis des années, et que l’on constate la condamnation unanime du peuple français dans ses profondeurs face à de telles pratiques, il me semble que c’était ( c’est toujours!) l’occasion de s’adresser aux musulmans de France pour leur dire : « voyez comme, contrairement à ce que beaucoup d’irresponsables vous racontent, la République ne s’acharne en rien sur l’islam ! Elle condamne autant les pédocriminels de l’église catholique que les mariages forcés ou les circoncisions des intégristes de l’islam ». La République ne fait pas de distinction quand il s’agit d’appliquer ses lois et règlements. Il n’y a de victimisation possible que si on n’équilibre pas les constats…..

Une rentrée cinématographique pétaradante avec trois films:

- « Les illusions perdues » de Xavier Giannoli avec Benjamin Voisin et Cécile de


France, d’après le célèbre roman d’Honoré de Balzac publié en trois parties entre 1837 et 1843. La fameuse histoire de Lucien de Rubempré, jeune provincial épris de gloire littéraire, « débarquant » à Paris fort de cette ambition ravageuse et qui, après avoir cru enclencher une dynamique positive de succès, se heurte aux jalousies et aux vengeances qui auront, violemment, la peau de ses ambitions.

Autant le dire tout de suite, les partisans de la thèse selon laquelle il n’est pas de grand film en adaptation d’un grand livre subissent là un démenti flagrant : c’est un grand film. Et c’est un grand film qui ne se contente pas, comme Balzac, d’évoquer et commenter les affres de la « comédie humaine », mais qui nous présentent et annoncent les dérives naissantes d’une presse politique subjective, manipulatrice, malhonnête… il y a dans ce film remarquablement bien tourné et bien joué, plusieurs « fenêtres » ouvertes sur la politique contemporaine qui lui donnent encore plus de piment.
- « Lui » de Guillaume Canet avec Guillaume Canet… et Virginie Efira , Mathieu

Kassovitz ou Nathalie Baye. « Lui », c’est le personnage central joué par Guillaume Canet, un compositeur de musique qui plaque femme et enfants pour se retirer dans une ile bretonne afin de retrouver l’inspiration créatrice. Mais « lui », c’est « lui et lui »…car il y a deux personnages dans un seul deux volets de la personnalité qui dialoguent et s’affrontent, comme un mauvais génie parle au bon…La personnalité avec ses qualités, ses projets, et son contraire fait de défauts et de renoncements. Et tout ça dialogue, s’affronte, rebondit spectaculairement à tout moment. Canet a toujours un peu de mal à juguler son narcissisme mais là, avec ses deux personnages qui constituent sa propre personnalité, il y rajoute une grosse dose de schizophrénie et ça n’est pas vraiment convaincant. Seulement voilà : le film est tourné à Belle-Ile et les décors sont somptueux. Cette nature-là, que je connais depuis ma plus tendre enfance et qui me bouleverse par sa beauté m’amène à un interdit : je me sens incapable de dire du mal du film. Mais je reconnais aux vrais cinéphiles un sens critique de meilleure qualité…

-« Tralala »  des frères LARRIEU, Arnaud et Jean-Marie. Nouvelle subjectivité de ma

part car je connais ces deux garçons depuis leurs débuts, qu’ils sont de Bigorre et d’une famille à laquelle me lie une amitié ancienne. En plus, ils ont tourné ce film à Lourdes et, plus précisément aux bords du lac de Lourdes, autre décor somptueux. Pour le reste, le personnage central joué par Mathieu Amalric, vieux copain des LARRIEU et habitué de leurs films, revient à Lourdes après dix ans d’absence et un long voyage aux USA . Tel un clochard il retrouve sa mère puis son frère, sa fiancée, sa maîtresse…et tout est l’occasion de rebondissements cocasses et, à bien des égards, déjantés. Oui, déjanté. Comme le cinéma des LARRIEU. Et ce caractère est accentué, au milieu du film par son évolution en …comédie musicale . Et si c’est désarçonnant en diable c’est aussi drôle et bien fait, magnifiquement joué par une palette d’acteurs où la triplette féminine formée par Josiane Balasko, MaÏwenn et Mélanie Thierry déborde de charme et de tendresse.

J’imagine que l’orthodoxie des critiques cinématographiques sera sévère mais j’ai passé un délicieux moment.


mercredi 27 octobre 2021

Lu «  Ivo & Jorge » de Patrick Rotman paru chez Grasset.

L’auteur est essayiste, scénariste, réalisateur, historien de formation qui a écrit
plusieurs ouvrages sur la vie politique française contemporaine, notamment avec Hervé Hamon. Un intellectuel de gauche assurément, versus deuxième gauche, pas vraiment mitterrandienne, plutôt anticommuniste. Il livre ici un ouvrage original et assez passionnant : Ivo, c’est Ivo Livi plus connu sous le pseudonyme d’Yves Montand, l’immense chanteur, acteur, fils d’une famille d’immigrés italiens, issu d’un quartier pauvre, très pauvre de Marseille, ayant quitté l’école à 9 ans, amant d’Edith Piaf pendant deux ans vers la fin de la guerre, longtemps mari de cette femme exceptionnelle de beauté, d’intelligence et de sensibilité, Simone Signoret, tous deux longtemps compagnons de route du Parti Communiste; et Jorge, c’est Jorge Semprun, républicain anti-franquiste, réfugié très jeune en France avec sa famille, résistant arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald puis ancien dirigeant du Parti Communiste espagnol clandestin sous Franco, avant d’être Ministre dans le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez, et auteur prolixe amoureux de la France et de sa langue, membre aussi de l’académie Goncourt.

Le livre, très vivant, dresse un parallèle entre les deux vies contemporaines des deux hommes qui vont se rencontrer et devenir amis, passant de l’un à l’autre en permanence à partir d’épisodes parfois anecdotiques de leurs vies.
Outre de nombreuses anecdotes et informations sur les vies de ces deux hommes qui permettent de mieux les connaître ( c’est surtout sur Semprun que j’ai appris tant la vie de Montand fut publique, même si j’ai regretté qu’il ne soit fait aucune allusion aux douloureux épisode du « rapport Semprun » sur Robert Antelme, aboutissant à l’exclusion de celui-ci du PC, épisode confirmé par Marguerite Duras et Edgard Morin, qui démontre qu’avant de rompre avec le stalinisme, il y avait bien cotisé….).
Car c’est sur la rupture avec le stalinisme que le livre est le plus interessant, Semprun précédant de quelques années Montand sur cette voie, et le long voyage d’Yves et Simone à Moscou et dans les pays de l’Est en 1956 étant à la fois édifiant et pitoyable.
Mais la conversation de Montand avec son frère ainé, vieux militant du PC, refusant d’ouvrir les yeux et l’accusant de « faire le jeu » de la Droite et du capitalisme parce qu’il se met (enfin !…) à dénoncer la tragédie du stalinisme, a quelque chose de bouleversant. Et la rencontre des deux hommes avec le troisième compère, Costa-Gavras, pour écrire et tourner « Z » et « L’aveu », deux immenses œuvres de dénonciation des totalitarismes, est particulièrement passionnante.
La démonstration est faite là que rompre avec le stalinisme comme au fond avec toute forme de totalitarisme, ouvrir les yeux et comprendre puis dénoncer, est un chemin de croix, une bien douloureuse expérience . Car il s’agit de rompre avec une part de soi-même.

mercredi 20 octobre 2021

Lu « La mécanique du ciel » de CharlElie Couture paru aux Editions Le Castor Astral.

On connaît l'auteur-compositeur-interprète aux nombreux succès dont le formidable «Comme un oiseau sans aile » mais on connait moins le peintre qui vient d’exposer à Paris une série fort intéressante de portraits d’Arthur RIMBAUD « actualisé » c’est-


à-dire « Made in 21ème siècle» mais à romantisme inchangé. Et on ne connait pas assez le poète qui a pourtant été primé l’an dernier par l’Académie française pour ce recueil de poésies. Dans ces textes inédits de 1973 à nos jours,

qui nous font voyager de Nancy ( la ville de sa naissance et de son enfance) à Paris et New York où il a vécu une grosse dizaine d’années, l’auteur nous entraine dans la poésie de rencontres, d’amours parfois torrides, de la vie des banlieues ou de la rade de Toulon. D’abord, il y a beaucoup d’humanité dans tout cela, la chose humaine en est la composante essentielle. Ensuite, il y a de la colère voire de la révolte contre le cours injuste des choses du monde, une citoyenneté bien comprise. Enfin il y a la musique des mots, dans une grande liberté de style et, en particulier, sans esclavage à l’égard de la rime. Bref, de l’humanisme et de l’élégance.

Je connais un peu, pas assez, et apprécie beaucoup CharlElie Couture qui m’avait fait l’amitié de venir peindre à Maubourguet il y a une vingtaine d’années. Je l’ai retrouvé avec grand plaisir il y a peu pour son exposition autour de Rimbaud. J’aime l’éclectisme créatif de cet homme.

jeudi 14 octobre 2021

Lu « Les raisons du cœur » de Jean-Paul ENTHOVEN, paru chez Grasset, une maison d’édition dont il a longtemps été un des piliers.

 Ce roman est autobiographique et s’organise autour du récit du grave accident de
santé rencontré par l’auteur il y a deux ans, commençant par un malaise sur un terrain de tennis et se poursuivant par une très lourde opération à cœur ouvert dans une clinique de Neuilly.

Mais ce n’est pas un récit comme un autre, journaliste ou historique, détaillé et minutieux. Non, c’est un récit psychologique et philosophique où sont convoqués des «grands témoins » intimes de l’auteur, dont les noms de famille ne sont jamais prononcés: morts comme Michel, on devine vite qu’il s’agit de Michel Berger ( décédé suite à un malaise cardiaque sur un terrain de tennis justement et qui fut son ami dès le lycée) ou Françoise, comprenez Sagan, ou vivants comme Bernard Lesvies - là, c’est facile à deviner, BHL…- son ami intime, son frère, ou…son fils ainé. Ce fils ainé, c’est Raphaël ENTHOVEN, le jeune philosophe médiatique, avec lequel il a écrit « Le dictionnaire amoureux de Marcel Proust », entretenant avec lui une relation étroite, fusionnelle, jusqu’à la parution il y a deux ans d’un roman où le fils dresse du père un portrait d’une sévérité violente. Les deux hommes ne se parlent plus depuis. Cette rupture affective douloureuse est-elle, directement ou indirectement, à l’origine de la rupture des vaisseaux du cœur ? Le livre tourne autour de cette question mystérieuse et passionnante qui se conjugue avec une autre :la « révolution » physique ( au sens sanitaire du terme) du père alité : change-t-on avec une telle opération, quand son cœur s’arrête de battre pendant 155 minutes ? Il faut croire que la réponse à cette deuxième question est oui puisque l’auteur finira par adresser à son fils un message de paix et de réconciliation, comme une bouteille jetée à la mer…
J’ai dévoré ce livre. Vraiment. Quelques heures à peine, trop vite achevées. Ce mélange d’auto-biographie sans étalage et de réflexions psychologiques ou philosophiques spontanées et vivantes est un vrai genre littéraire. Alors, bien sûr, comme l’auteur le fait dire à son éditeur Olivier ( comprenez NORA..) comme pour s’en excuser, on n’est pas dans le Paris du peuple et des gens qui souffrent mais plutôt dans le Neuilly-Auteuil-Passy ( avec une grosse touche de Saint-Germain des Prés) des riches et des gens connus, mais je ne sais pas pourquoi, talent de l’écriture, ça ne pèse pas, ça ne compte pas . Les raisons du cœur dépassent tout cela.