personnage central, Fin, l’ancien inspecteur de police de retour dans son île, toujours le même décor, celui des îles Hébrides au Nord-Ouest de l’Ecosse et leur climat violemment changeant, toujours la même qualité littéraire autour d’une nouvelle intrigue, toujours le même régal. J’ai vraiment beaucoup apprécié cette trilogie et l’évasion passionnante qu’elle procure. Lire c’est voyager ? En voilà une nouvelle preuve…
mardi 6 décembre 2022
Lu « le braconnier du lac perdu » de Peter May, aux Editions Babel Noir,
personnage central, Fin, l’ancien inspecteur de police de retour dans son île, toujours le même décor, celui des îles Hébrides au Nord-Ouest de l’Ecosse et leur climat violemment changeant, toujours la même qualité littéraire autour d’une nouvelle intrigue, toujours le même régal. J’ai vraiment beaucoup apprécié cette trilogie et l’évasion passionnante qu’elle procure. Lire c’est voyager ? En voilà une nouvelle preuve…
Vu « Armageddon Time » le film de James Gray, Palme d’Or, Prix du Jury du Festival de Cannes.
père est un plombier qui réussit) s’ennuie à l’école et n’aime que le dessin. Mais il s’y lie d’amitié pour un camarade de classe, noir, très pauvre et victime du racisme qu’on qualifie d’ordinaire. Disons d’un racisme diffus ou de tous les jours.
Ce jeune garçon est ballotté entre ces trois pôles, la famille, l’amitié, l’école, et cherche sa voie, tenté par toutes les aventures. Il bénéficie pourtant des conseils sages et affectueux de son grand père, magnifiquement joué par Anthony Hopkins. Mais celui-ci, malade, va mourir et le laisser seul face à sa destinée…
Un joli film, fin, subtile, réaliste, édifiant avec, sans doute quelques longueurs inutiles.
mercredi 30 novembre 2022
Vu « Tout le monde savait » au théâtre de l’Oeuvre, pièce d’Elodie Wallace d’après le livre de Valérie Bacot, mise en scène par Anne Bouvier et jouée, seule en scène, par Sylvie Testud.
La pièce est organisée sur le thème de son titre : tout le monde savait ! Les parents, la famille, les amis, les voisins, les gendarmes, l’adjointe au maire…tout le monde ! Et non seulement personne ne réagissait mais, au contraire, sa parole était évidemment mise en doute.. jusqu’à ce que le monstre ne l’oblige à se prostituer et qu’elle trouve un flingue pour le tuer. Elle fut donc incarcérée, jugée, condamnée….
Cette pièce est un coup de poing au plexus d’une grande violence. Elle laisse k.o…
Et elle est jouée magnifiquement, admirablement, somptueusement par une Sylvie Testud bouleversante.
Lu « L’homme de Lewis », de Peter May, traduit de l’anglais par Jean-René Dastugue et paru chez Babel Noir.
mais désormais démissionnaire et divorcé et de retour dans son île de Lewis sans vrai projet professionnel et personnel mais vite rattrapé par sa vocation policière. Toujours le même décor, celui des îles Hébrides au Nord-Ouest de l’Ecosse, somptueux et sauvage, envoûtant et violent, brutal et tendre. Et toujours un très, très beau livre.
dimanche 27 novembre 2022
Vu, au théâtre du Lucernaire, « Monsieur Proust »,
des entretiens entre Céleste Albaret et Georges Belmont, avec Céline Samie, seule en scène. Céleste Albaret, a été la bonne de Marcel Proust pendant de longues années et jusqu’à sa mort, le 18 novembre 1922. Dans ce témoignage, elle révèle un Marcel Proust intime, attentionné, affectueux. Un Proust malade, s’épuisant au travail la nuit, dormant le jour, ne voyant que très peu de monde. Et, aux côtés de Proust, on découvre la personnalité de Céleste, plus encore qu’une bonne, qu’une servante, compagne de tous les jours, participant directement ou indirectement à son travail ( elle rédigeait sous sa dictée !), « prisonnière volontaire » d’après ses propres termes, vivant avec cet homme sous son charme avec une grande intensité de joie et de plaisir. Elle disait de lui « il a rempli ma vie » et, en écho, il parlait d’elle comme son « amie de toujours » . Belle histoire humaine.
L’adaptation et la mise en scène d’Ivan Morane, un grand Monsieur du théâtre, sont d’une grande sensibilité, d’une grande délicatesse, d’une belle personnalité.
Et Céline Samie, ancienne du « Français » comme sa mère, joue ce rôle avec un grand talent, une virtuosité qui est émouvante.
Lu « Face à une guerre sainte » de Sylviane Agacinski, paru au Seuil.
Elle livre là un bien intéressant essai sur cette « guerre sainte », celle de l’islamisme politique qui a durement frappé la France ces dernières années. Ce faisant, en nommant les choses, elle restitue cette guerre dans l’histoire longue des religions et des guerres de religions. En chemin elle démontre avec pertinence que la France n’a pas de problème avec l’islam, ni bien entendu avec les musulmans, mais bien avec l’islamisme, l’islamisme politique, l’islamisme radical. D’ailleurs, les musulmans sont les premières victimes, démontre-t-elle, de cet islamisme, chiffres des victimes de tous les attentats à l’appui. En chemin également elle règle son compte avec ce terme d’islamophobie, devenu l’étendard de tous les communautarismes, inventé par les islamistes pour masquer leur prosélytisme.
Mais c’est sur le terrain du féminisme et de ses liens étroits, indéfectibles avec la laïcité que le livre est précieux, à la fois dans la mesure où l’auteure va chercher loin dans l’histoire combien toutes les religions, sans exception aucune, ont été des vecteurs d’inégalité hommes-femmes et même, disons le mot, de domination des femmes, mais aussi parce qu’elle nous offre une analyse du voile conçu à l’origine comme un «Purda » c’est à dire un rideau pour cacher la femme et qui, paradoxe, aboutit au résultat inverse dans les sociétés comme la nôtre : il signale la femme cachée. Et elle règle son compte à la théorie de la liberté des femmes de porter le voile défendue par les féministes extrémistes en affirmant ce qu’elle appelle «le paradoxe de Martine chez Molière » qui, dans la pièce « Le médecin malgré lui » affirme «et s’il me plait d’être battue ?» . Traduisons: « et s’il me plait de me soumettre en portant le voile ?».
Derrière tout cela se cache la loi de 1905 dite de séparation des églises et de l’Etat que trop d’idéologues réduisent soit à une liberté ( à l’extrême gauche et, hélas, beaucoup à gauche) en oubliant l’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen montre bien que nos libertés ont une limite ( ce qui nuit à autrui), soit à des interdits ( à droite et à l’extrême droite )en oubliant que l’affirmation de la liberté de conscience est, quoiqu’on en dise l’affirmation d’un droit à la différence ( qui ne peut certes pas aboutir à la différence des droits ). Les uns et les autres oublient que la République est un équilibre subtile et prospère entre les droits et les devoirs et que, en particulier, la laïcité est l’affirmation et la protection d’une liberté parmi les plus belles, la liberté de conscience, mais qu’elle la place « dans le respect de l’ordre public », ce qui, en droit n’est rien d’autre que l’ensemble de nos droits et règlements qui définissent notre « commun ». Et dans celui-ci, l’égalité entre les femmes et les hommes, comme le démontre avec force Sylviane Agacinski, tient une place de plus en plus centrale.
samedi 26 novembre 2022
Vu « La maison » le film d’ Anissa Bonnefont avec Ana Girardot et Aure Atika, d’après le roman d’Emma Becker.
grand sensibilité, cette expérience d’écrivaine assez étonnante de la prostitution dans une maison close de Berlin. Malgré une très belle prestation d’Ana Girardot, j’ai trouvé que le film était un peu en-dessous. Et je crois que l’explication tient à la grande difficulté qu’il y a à adapter un roman quand son sujet central tient, non pas tant au scénario qu’à la démarche de son auteur. J’avais déjà remarqué cela avec «Ouistreham », l’adaptation du très beau livre de Florence Aubenas, qui, malgré la performance de Juliette Binoche, avait buté sur la même difficulté : retranscrire la subtilité de l’expérience de l’auteure qui s’était délibérément située, pendant de longs mois, « au cœur » du milieu social qu’elle voulait raconter. Il en va de même avec ce film et la démarche de l’écrivaine. D’ailleurs, à la fin du film, en voix off, Ana Girardot reprend dans une conclusion presque trop pédagogique la posture de l’écrivaine explicitant sa démarche. Comme si le film ne l’avait pas bien fait et qu’il fallait y insister.






