lundi 14 décembre 2020

Un livre que je voulais lire et que je ne lirai pas après avoir lu ses « Bonnes feuilles » dans un hebdo : « Vies parallèles. De Gaulle - Mitterrand » paru chez Robert LAFFONT.

 

Longtemps j’ai eu un intérêt véritable pour Onfray, après la lecture de son «essai sur l’athéisme » par exemple ou bien en observant son expérience d’université populaire en Normandie, cette tentative plutôt respectable de transmettre réflexions et connaissances au plus grand nombre. Puis je me suis lentement mais sûrement éloigné de lui en constatant son caractère de plus en plus péremptoire, son absence absolue de doute, ses certitudes qui le bardaient sur tant et tant de sujets. Et, plus récemment, devant sa pitoyable tentative politique de « Front populaire » réunissant des souverainistes des deux bords ( sans d’ailleurs qu’ils en soient tous prévenus ce qui témoigne d’une méthode douteuse pour un tel donneur de leçons....) ces distances devinrent abyssales.

Mais enfin, à l’annonce de son dernier ouvrage « Vies parallèles. De Gaulle - Mitterrand », je fus tout de même intrigué et même attiré. Il faut dire que, Mitterrandiste historique matiné de gaulliste, n’oubliant pas que mon regretté père fut un gaulliste de Gauche et toujours attaché aussi bien à la stabilité de nos institutions qu’à notre indépendance nationale ou au besoin d’ordre de notre société par exemple, un essai comparatif entre ces deux grands hommes aurait pu m’intéresser. Heureux hebdo qui m’offrit des « Bonnes feuilles » en guise d’avant-goût ! Quelle horreur...
Je vous la joue courte : De Gaulle était un grand homme, Mitterrand un médiocre, le premier servait la France, le second sa carrière, l’un avait tout juste, l’autre tout faux, l’un a tout réussi, l’autre tout raté ... Vous croyez que j’exagère ? Hélas non, pour cet auteur de si bonne foi. Un seul exemple avec ce raccourci qui m’a fait éclater de rire :
« De Gaulle lisait Péguy, Mitterrand lisait Paul Guimard et Eric Orsenna, c’est tout dire » nous assène ce soi-disant philosophe. Il se trouve que j’ai connu, bien connu, très bien connu François Mitterrand et que je l’ai fréquenté presque quotidiennement pendant 10 ans. J’ai connu ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses et si je suis partisan, j’essaye aussi d’être réfléchi, posé, honnête. Je sais, parce que je l’ai vécu, que Mitterrand était un puits de connaissance littéraire impressionnant, un lecteur passionné , un amoureux des livres capable, à chaque instant de quitter les affaires de la France pendant quelques heures pour se plonger dans un livre. Je l’ai vu. Et j’ai vu aussi ce qu’il lisait et l’éclectisme de ses goûts plus portés d’ailleurs sur le classique et l’histoire que sur le roman moderne, n’en déplaise à mes chers amis , le regretté Paul Guimard ou l’insubmersible Eric Orsenna. Alors, l’affirmation d’Onfray, parce qu’elle est tout simplement fausse, est ridicule et discrédite tout le reste si c’était nécessaire. C’est grotesque. Et, à certains égards , honteux car malhonnête, profondément malhonnête. Pauvre ONFRAY, pauvre « Front Populaire » si lamentablement détourné de son histoire et de son symbole de rassemblement de la Gauche, pauvre Université populaire de Normandie où l’on apprend de telles balivernes !! A mes chers étudiants de Sciences Po à qui j’apprends, autant que faire se peut à « penser par eux-mêmes »,à réfléchir posément, à puiser leurs sources à toutes les fontaines, à être curieux de tout sans a priori ni préjugés, je dis : surtout ne suivez pas cet exemple !

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