lundi 29 février 2016

Fawzia Zouari

La romancière franco- tunisienne Fawzia Zouari prend la défense de l'écrivain algérien Kamel Daoud et appelle de ses vœux un nouveau discours à Gauche affranchi de la peur de l'accusation d'islamophobie.
C'est dans Libé ce matin.
Nous avons besoin de plein de Kamel Daoud et autant de Fawzia Zouari ! 

Pour convaincre que, contrairement à ce que pensent la droite extrême et l'extrême droite, l'islam a toute sa place dans notre société, mais que, contrairement à ce que pensent l'extrême-gauche et une trop grande partie de la gauche, cette place ne peut être payée du prix de l'abandon de notre liberté de critiquer l'islam comme toute autre religion ou idéologie, de notre liberté de dénoncer et combattre son intégrisme violent et de notre volonté de défendre nos droits fondamentaux et, notamment, l'égalité entre les femmes et les hommes.

Harper Lee

Harper Lee, la romancière américaine est morte la semaine dernière. Elle aura laissé essentiellement ce premier livre, un roman, mais quel livre ! "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", écrit en 1960 et qui reçut le prix Pulitzer en 1961, est devenu un livre culte, vendu à plus de 30 millions d'exemplaires à travers le monde. Un succès incroyable. Je ne l'avais pas lu, alors je l'ai fait après le départ de son auteure. Une petite ville de l'Alabama au milieu des années 30, en pleine crise, théâtre d'un racisme "ordinaire", où un avocat, veuf et père de deux jeunes enfants, se tient droit et debout. Ça n'a pas pris une ride.
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vendredi 26 février 2016

"Réforme El Khomry" sur le code du travail


Ça y est ! Le modeste parlementaire de base que je suis à enfin reçu, hier soir,  le texte dit " réforme El Khomry" sur le code du travail, dont Michel Sapin a parfaitement raison de dire qu'il n'est qu'un "avant-projet" , qui ne deviendra "projet de loi" que lorsqu'il sera adopté par le Conseil des Ministres, et loi définitive quand elle sera adoptée par le parlement dans plusieurs mois.


Premier constat : le texte est long, compliqué, ésotérique. Stylo en main, il me faudra des dizaines d'heures pour le digérer. Je redis donc mon admiration sans limite pour ceux qui le qualifient d'une formule ou d'un qualificatif. Comme je ne doute pas une seconde qu'ils l'aient lu et travaillé longuement, c'est qu'ils ont une capacité de synthèse éblouissante. Bravo !


Deuxième constat : ce texte n'est pas un texte de "régression sociale généralisée et systématique" comme je l'ai lu ça et là.  Il contient notamment des choses sur la sécurisation des parcours professionnels qui vont dans le bon sens. Celui du progrès social.


Troisième constat : ce texte contient aussi, hélas, des choses inquiétantes et , à certains égards, dangereuses. Je pense par exemple au plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement, à la redéfinition du licenciement économique ou bien au pouvoir des chefs d'entreprise pour l'organisation du temps de travail. Il faut corriger ça. Si la négociation sociale avec les syndicats ne le permet pas, ce qui serait étonnant et dommage, ce sera à nous parlementaires de le faire.

Au boulot!

mercredi 24 février 2016

Une pétition " contre la loi El Khomri sur la réforme du code du travail " (je mets des guillemets à dessein) a recueilli 300 000 signataires sur le net.


Aussitôt, ses initiateurs sont invités dans tous les médias. Mais personne ne leur pose la question : la réforme, quelle réforme ? Aurais-je l'outrecuidance de vous préciser que le pauvre petit parlementaire que je suis n'a pas, à ce jour, été destinataire du projet ? Madame Caroline De Haas, personne sûrement très respectable, m'explique sur tous ces médias toutes les horreurs que contiendrait cette loi, mais je suis dans l'impossibilité de lui répondre : vrai ou faux ? Intox ou pas ?

La réalité, c'est que si le Parlement n'est pas informé, c'est que le gouvernement lui- même n'a pas achevé son projet. Ce sera fait début mars me dit-on.

Ensuite, le Parlement fera son travail d'analyse et d'amendement et on en reparlera. Et je fais le pari qu'une fois tout ce travail fait, les "horreurs" auront disparu. Parce que les députés de gauche ne sont pas devenus "de droite ", contrairement à ce que dit cette honorable pétitionnaire.

Reste à comprendre pourquoi tout ça : le gouvernement aurait-il été maladroit? Franchement, vu son professionnalisme, on a du mal à l’imaginer. Une " fuite" sur une version intermédiaire aurait-elle été savamment orchestrée ? Dans quel but ? On connaît les adeptes du jeu à se faire peur. Jouer à se faire peur, ça aide à se faire connaître, à flatter le narcissisme. Mais ça n'apprend pas la patience et la sagesse. Retenez mon pari. 

C'est fou ce que le net excite la démocratie quand elle a besoin d'apaisement.


Vu " les chevaliers blancs",


le film de Joachim Lafosse avec Vincent Lindon, Valérie Donzelli, Louise Bourgoin et Reda Kateb.
Un film tourné sur une histoire vraie, celle de cette ONG qui, il y a quelques années, voulut récupérer 300 orphelins en Afrique pour les ramener à des familles d'adoption en France, au mépris de toutes les réglementations internationales.
On est tellement ahuri devant l'irresponsabilité de ces pieds nickelés qu'on en oublie le film.

lundi 22 février 2016

Remaniement

Pour en finir avec ce remaniement raté, lisez la déclaration convaincante de Edouard Baer sur son Facebook. Il dit quoi ? Il dit qu'après les événements terribles de 2015 et la réaction magnifique du peuple français, nos dirigeants avaient fait serment que plus rien ne serait "comme avant" et qu'ils avaient l'ardente obligation de rester à la hauteur des enjeux. Et il ajoute : et ce remaniement politicien, c'est à la hauteur ? Poser la question c'est y répondre. Mais ce cri du cœur d'un artiste, qui n'a pas pour habitude de dire des choses graves dans le débat public, doit être entendu.

Débat sur la laïcité

Pour continuer le débat sur la laïcité, lisez attentivement ce qu'écrit Kamel Daoud dans le Monde et repris dans un article intéressant de Sara Daniel dans l'Obs. L'écrivain algérien y dit son étouffement entre deux totalitarismes intellectuels, celui des djihadistes de Daesh d'une part, et celui des islamo-gauchistes qui crient à l'islamophobie dès que s'exprime la moindre critique à l'égard de l'islam salafiste pourtant destructeur des droits des femmes, notamment. Déjà, une pétition d'intellectuels engagés sur ces bancs-là dénonce l'absence de rigueur scientifique de Kamel Daoud. D'où mon cri de colère : " Oh la !! Il n'est pas docteur honoris causa de l'université, c'est un écrivain qui parle avec son cœur !! Il a une fatwa lancée contre lui et on l'accuse d'islamophobie ?!? Où va le débat public..."