samedi 16 juillet 2022
Lu « Lucia », roman de Bernard Minier, paru aux éditions XO.
d’élite de la police judiciaire espagnole, courageuse et audacieuse, évidemment tourmentée dans sa vie privée avec une mère malade, aux portes de la mort, et un fils en bas âge vivant avec son père dont elle est divorcée et qui lui manque autant qu’elle lui manque. Elle enquête dans la région Aragonaise, juste de l’autre côté des Pyrénées, sur le crime ayant éliminé son collègue et « binôme » et se fait aider par une équipe d’étudiants de l’Université de Salamanque et leurs professeurs de criminologie qui travaillent sur un logiciel d’enquêtes.
C’est haletant, violent, rebondissant. Et ça se dévore comme un bon polar de vacances. C’est une littérature qui détend et, rien que pour cela, elle mérite….
On jouait à guichets fermés mercredi soir à l’Opéra de Paris, pour la soirée d’adieu d’une danseuse-étoile attachante autant que talentueuse, Alice Renavand.
Giselle, un rôle compliqué, difficile, qu’elle n’avait jamais interprété. Une sorte de difficulté qu’on s’impose à soi-même pour honorer le public une dernière fois. Le premier acte s’est déroulé à la perfection: l’étoile nous régalait…
Quand vint le deuxième acte, au bout de quelques minutes, la blessure sur une mauvaise réception…le drame et la sortie en pleurs.
Une pensée admirative pour l’organisation du corps de ballet qui a aussitôt fait comme si de rien n’était, Bleuenn Battistoni, sur scène dans un second rôle, montant d’un cran pour achever le spectacle, un ton en-dessous bien sûr, mais formidablement appliquée.
Et une grosse pensée pour Alice Renavand, revenue sur scène en boitant à la fin de ce spectacle, appuyée sur les avant-bras du Directeur de l’Opéra et la Directrice de la Danse, Aurélie Dupont, venus lui proposer de revenir la saison prochaine pour refaire ses adieux…
Moment très inhabituel, très inattendu, et très…émouvant !
Rassurez-vous Alice : on reviendra .
C’est curieux cette histoire de liens révélés entre Macron et l’entreprise Uber du temps où il était Ministre.
Oui,
curieux, car j’entends les commentaires porter sur ce qui ne me
parait pas si surprenant mais s’abstenir sur ce qui me choque,
moi.
Entendez
: que Macron soit un libéral, ce n’est ni nouveau ni un scoop !
Depuis qu’il a été rapporteur de la fameuse « commission Attali
» sur la soi-disant « libération de la croissance », on sait bien
ce que « ces gens-là » - pour reprendre une expression d’une
Ministre avec plus de respect qu’elle- pensent et ce qu’ils
proposent : déréglementer, déréguler, ouvrir en grand les
frontières, supprimer les protections qui subsistent encore….
Donc,
qu’il ait aidé Uber à s’installer en France, cela ne me
surprend guère.
Qu’il
s’en explique sur le thème « je préfère que les gosses des
banlieues soient chauffeurs que dealers » est une facilité plus
discutable : moi aussi Monsieur le Président, je préfère que les
jeunes des banlieues soient riches et en bonne santé plutôt que
pauvres et malades ! Mais je ne sais pas si on dispose de
statistiques démontrant ces reconversions…
Qu’il
aborde la polémique en reprenant une formule vulgaire empruntée à
Chirac ne me convainc guère non plus : imagine-t-on De Gaulle,
Pompidou, Giscard ou Mitterrand parler de la sorte ?? Je dois être
vieux jeu mais je pense que lorsqu’on parle au peuple, on doit
soigner son langage, le guider vers le haut, pas vers le bas.
J’arrête là car ce n’est pas le fond du débat.
Non,
ce qui me choque et dont personne ne parle ce sont les circonstances
dans lesquelles Macron a déroulé le tapis rouge à Uber à la fois
dans son Ministère et dans le gouvernement auquel il appartenait :
dans son Ministère, il faisait cela alors que des fonctionnaires
dudit Ministère enquêtaient sur les dissimulations fiscales
d’Uber…bonne manière de les encourager sans doute! Quant au
gouvernement, on attend encore la démonstration ou la preuve que
cette attitude à l’égard d’Uber était le fruit d’un
arbitrage interministériel et non une initiative personnelle… Bref
cela m’embête et me choque que le Président de la République
actuel ait, quand il était Ministre, fait preuve d’aussi peu de
sens de l’Etat. Autre temps autres meurs ?
lundi 4 juillet 2022
Lu « Il nous restera ça » de Virginie Grimaldi paru chez Fayard.
enfants, Iris qui quitte son compagnon violent et se cache alors qu’elle est enceinte et Théo, jeune apprenti-pâtissier qui, à sa majorité, sort d’un placement à l’Assistance Publique parce qu’abandonné par son père et avec une mère alcoolique, se retrouvent pas les hasards de la vie occupants d’un même logement. Jeanne a voulu rompre sa solitude et trouver un revenu d’appoint en louant une chambre de son appartement mais elle n’a pas su choisir entre Iris et Théo et elle en louera deux…Et, petit à petit ce trio va se connaître, s’apprécier, coopérer et s’aider mutuellement à se reconstruire. C’est de la littérature de vacances ? Soit. Pleine de bons sentiments et d’humanité ? Soit. Sans grande prétention philosophique ? Soit. ( Encore que, par ces temps de violence et d’agressivité, la bienveillance ne soit pas malvenue…). Mais c’est tellement facile à lire que ça se dévore !
Une littérature apaisante…
vendredi 17 juin 2022
Un drôle d’entre-deux tours des élections législatives:
La
France hésite, les partis s’écharpent, les polémiques enflent
…et le Président voyage en Europe nous accordant malgré tout un
discours sur une curieuse mise en scène à l’aéroport d’Orly et
sous forme de mise en garde : Roumanie, Moldavie et maintenant Kiev
avec les chefs de gouvernements allemand et italien. Bon, je ne sais
pas si ce n’est pas déjà trop tard pour convaincre Zelensky que
cette obsession du dialogue maintenu avec Poutine n’est pas une
défaillance de notre solidarité avec l’Ukraine. Ce qui est vrai,
c’est que la Présidence française de l’Union prend fin dans
deux semaines et qu’après il eût été impossible d’agir au nom
de l’Europe. Alors, mieux vaut tard que jamais ?
Drôle
d’entre-deux tours après un premier tour assez inédit il faut
bien le dire. Reprenons:
-
une abstention-record preuve supplémentaire que la crise
démocratique continue de s’aggraver. Les « dégagistes de
l’ancien monde » d’il y a cinq ans n’ont donc pas trouvé le
remède, ce qui après la crise des gilets jaunes, l’échec majeur
de la Convention citoyenne sur le climat et les excès du «
jupitarisme » n’est pas pour surprendre…
-
un premier tour en forme d’échec évident et incontestable de la
majorité présidentielle puisque c’est la première fois en
quarante ans que les législatives suivant immédiatement une
présidentielle ne donnent pas une progression de la majorité
présidentielle mais, clairement, une régression. Pas d’élan
donc.
-
Pour être très honnête, pas de succès non plus pour l’alliance
négociée par les appareils de Gauche dite « NUPES » puisque
celle-ci ne fait rien d’autre que de retrouver à peu près le
total gauche des législatives d’il y a cinq ans. Mais Jean-Luc
Mélenchon pour qui j’ai plutôt de la sympathie -ce qui n’ôte
rien à mes divergences avec lui…- a aussi parmi ses nombreux
talents, celui de transformer des échecs en victoires. Sans doute
par expérience, afin d’entretenir un semblant de dynamique. Tout
juste peut-on noter avec satisfaction que l’aspiration à l’union
de l’électorat de gauche s’est exprimée avec force.
-
La seule à pouvoir se réjouir, c’est encore Mme Le Pen qui,
presque sans faire campagne, continue de capitaliser ses progrès et
va probablement renforcer sa présence au Parlement. Mais
curieusement, personne n’en parle
Que
vont donner ces ingrédients au second tour ? Il faut bien entendu se
garder de tout pronostic définitif puisque tout va se jouer dans la
capacité à mobiliser des abstentionnistes du premier tour et, en
particulier, les jeunes. Mais les effets déflagrateurs de la «
bombe à retardement » jetée dans la vie politique française par
Macron il y a cinq ans ne sont pas encore au bout de leur vie .
Pour
ma part, dans ce méli-mélo parfois souvent incompréhensible ( dans
mon département on a même vu un homme de gauche défendre la droite
contre un homme de droite présenté par la gauche !) il me semble
que la plus modeste contribution à l’éclaircissement des termes
du débat passe par une accroche invétérée à ses convictions
profondes : je voterai donc à Gauche !
jeudi 16 juin 2022
Lu « Guerre » de Louis-Ferdinand Céline, édition établie par Pascal Fouché avec un avant-propos de François Gibault paru chez Gallimard.
Un manuscrit inédit - et inachevé- de l’auteur du Voyage au bout de la nuit. Un roman
avec une part autobiographique puisqu’il raconte le séjour à l’hôpital de l’auteur à la suite de sa blessure de guerre sur le front de l’Est en 1915.
Ce récit est une accumulation de fantasmes sexuels non dénuée de vulgarité et de machisme, où les bites sucées, les culs possédés, les bandaisons et les masturbations se succèdent sans faiblir. Franchement, au-delà du contexte qui éclaire d’un certain jour les séjours en hôpital des grands blessés de guerre de l’époque, tout cela ne m’a guère enthousiasmé… mais ça a un tel succès de librairie que Gallimard aurait bien eu tort de s’en priver.
mardi 7 juin 2022
Les piscines, à Grenoble comme partout ailleurs, posent des problèmes très difficiles aux élus locaux qui en assument la compétence :
: d’abord
une piscine, c’est un déficit d’exploitation incontournable et
sans économie d’échelle : deux piscines- deux déficits, trois
piscines-trois déficits etc…
Le
deuxième gros problème tout aussi incontournable et difficile,
c’est l’hygiène. La qualité de l’eau, les risques sanitaires,
la saleté, les touffes de cheveux qui bouchent les canalisations.
Face à cette difficulté, les élus prennent des décisions qui
peuvent paraître radicales mais par lesquelles il faut passer :
imposer la douche préalable obligatoire, l’interdiction des
«shorts de bain », le port obligatoire du bonnet de bain sont les
mesures de base imposées aux usagers. Il m’est arrivé dans ma vie
d’élu local de prendre ces décisions, dans l’intérêt
public.
C’est
dans ce contexte, qu’aucun commentateur ne rappelle, que se situe
le débat sur le burkini et la provocation de ce Monsieur Piolle,
maire «écologiste» de Grenoble. Ce qui est sûr, incontestable,
c’est que l’autorisation de cette tenue va complètement à
l’encontre des règles sanitaires exposées ci-dessus et qu’on
n’en voit aucune explication rationnelle en termes de gestion d’un
équipement public puisque cette autorisation crée ce qu’il faut
bien appeler une « dérogation » aux règles sanitaires.
Il
y a donc d’autres motivations, plus irrationnelles. Du côté de
l’engagement « écologiste » du maire ? On voit mal qu’une
dérogation aux règles d’hygiène préventive ait quoi que ce soit
d’écologique….
On
les devine alors du côté de la démagogie « clientéliste »
puisque cette dérogation aux règles d’hygiène publique faisait
l’objet d’une revendication d’une association communautaire
sans d’ailleurs qu’il soit faite la preuve que cette
revendication est largement partagée.
Mais
deux réflexions me viennent alors :
D’abord
quand on prend une mesure dérogatoire au droit commun, on entre dans
le domaine de « l’exception au commun » qui définit
le communautarisme, le droit à la différence entraînant la
différence des droits. Allez plaider l’importance de l’égalité
républicaine et de la préservation du commun avec ça !
Mais
surtout, quand on accorde cette dérogation à destination de la
minorité musulmane, allez vous étonner que cela fasse le jeu du
Rassemblement National ….
C’est
à la fois irresponsable et pitoyable.



